Rétention : action de retenir. Détention : retenir quelqu’un suite à une condamnation. Jouer sur les mots est très simple mais les centres de rétentions sont des PRISONS dont le nom a été modifié pour ne pas blesser l’opinion publique, tout comme un tabassage peut arborer le nom de « bavure », un bâton casse-crâne est un « tonfa », une rafle est « une intervention policière accréditée par le préfet », un délit de salle gueule est un « contrôle d’identité » et j’en passe ! Si il ne s’agit pas d’une prison mais d’un centre de rétention, ils ne sont pas prisonniers mais… Rétentionnés ? Et non ! « En cours d’expulsion », ce qui est sur c’est qu’ils sont emmurés et qu’il y a dans cette histoire de rétention des histoires de tortionnaires.
Vendredi 9 Mai deux Eurodéputés, Harlem Désir et Patrick Gaubert, exceptionnellement autorisés à visiter le centre de rétention de Vincennes, annoncent dès leur sortie leur intention de prendre rendez-vous avec le ministre de l’immigration. Ils dénoncent la promiscuité « un peu humiliante », les conditions de grand désespoir dans l’attente de l’expulsion et la gestion administrative des dossiers. « On a l’impression qu’il n’y a pas d’examen systématique des dossiers sur le fond et que des gens ne devraient pas être au centre de rétention, y compris au regard de la politique actuelle d’immigration au cas par cas ».
Des paroles qui de la bouche d’officiels devraient enfin faire taire ceux et celles qui accusent les anti-centres de rétentions d’être une bande de paranoïaques anarchistes ou d’extrême gauches.
Un peu mauvaise langue ? Oui, car certaines personnes qui en ont une en bois laissaient apparaître quelques aveux. Michelle Alliot-Marie démentait déjà en Janvier les rumeurs de violences par une tournure de phrase dont je vous laisse apprécier les échardes : « Je crois qu’aujourd’hui les choses ont été remises en état là où il pouvait y avoir des problèmes ». On n’en doute pas…
Depuis le début de l’année plusieurs grèves de la faim ont eu lieu dans le même centre de rétention. La police serait alors intervenue de manière musclée, les vidéos de surveillances laissent en tout cas voir l’usage du Tazer dans des situations sans danger.
D’autre part les sans papiers emmurés et différents collectifs de soutient dénoncent dans plusieurs centres de rétentions : la non présence de chauffage dans les chambres, l’inexistence d’eau chaude, l’impossibilité de consommer de la viande hallal alors que nombreux sont les musulmans et les provocations des forces de Police qui sont souvent décrits comme « haineux ».
Depuis le 1er Mai, ce sont 100 êtres humains sans papiers qui sont en grève de la faim à Vincennes. Ils réclament leur libération, l’arrêt des procédures juridiques et administratives ainsi que le dédommagement du préjudice subi. Quel préjudice ? Ils sont arrachés à leur famille et risquent de perdre leur travail et leur logement.
Article réalisé par Djezz



