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Sans-Papiers – La réalité en chiffre

10 April 2009 203 views Aucun commentaire

« Il appartient au gouvernement de fixer, en fonction des besoins de l économie, et de nos capacités d’accueil, le nombre de personnes admises à s’installer en France »

Lorsqu’il est promu au ministère de l’intérieur, Nicolas Sarkozy part à la chasse à l’immigrant. Ne s’installe pas qui veut en France. Ce n’est ni une légende, ni une malheureuse réalité, c’est plus que cela : c’est la LOI.


Le Haut-conseil créé en 1989 avait pourtant pour tâche de « dissiper les fantasmes qui entourent la présence des étrangers en France, en substituant aux informations lacunaires dispersées, parfois incohérentes ou tout simplement inexistantes, une connaissance aussi exacte que possible des données relatives aux flux d’immigration, à la présence évolutive et à la situation juridique des étrangers sur le sol français ». Un texte magnifique mais qu’en est-il de la réalité ?


La réalité c’est que la France n’a jamais vraiment lancé une grande étude sur l’impact économique de l’immigration sur la croissance et les comptes publics, études pourtant présentes dans de nombreux pays Européens. Pas étonnant, bien souvent ces dernières mettent en relief que les immigrés rapportent plus qu’ils ne consomment, notamment en prestations sociales. Ne pas publier de tels chiffres pour ne pas risquer de valoriser ces « boucs émissaires » de la République.

Au vu des difficultés pour obtenir des informations fiables, le gouvernement français s’est attelé à la création d’une nouvelle grande instance, réunissant toutes les administrations qui collectent les chiffres et tous les grands instituts de recherche.

Finie l’époque du « beau noir belles dents », le gouvernement ose maintenant « exiger » une main d’œuvre diplômée. Dans le but obsessionnel de garder pour soi ce qui fait gagner de l’argent. « Le choix se fera en fonction des besoins de l’économie ». Nous ne parlons plus d’être humain, nous ne prenons certainement pas une décision solidaire, nous consommons selon nos besoins.

Manifestation pour les libertés, 10 Mai 2008


Au début du 21e siècle, on comptait un peu plus de 2 millions d’immigrés, soit 8% de la population active. Ils appartiennent davantage aux catégories socioprofessionnelles non qualifiées d’employés et d’ouvriers que les autres actifs. Autrement dit, ils ont des diplômes, mais ils ramassent les ordures et plient le linge.

Dans le monde du travail, les hommes sont surreprésentés dans la construction et l’automobile, les femmes dans les servies aux particuliers, et tous deux occupent plus fréquemment que les autres des emplois temporaires ou partiels. Le niveau des salaires est donc bas. A âge, sexe et diplôme égaux le risque de chômage est plus important pour les immigrés et l’insertion sur le marché du travail reste difficile.

Profitent-ils vraiment du système ? Le taux d’activité chez les immigrés est le même que celui de la population active, c’est-à-dire 54%. Et sans eux, le modèle de l’emploi français serait détérioré, car ils sont pour la plupart employés, et non indépendants. Ils travaillent pour nos patrons, et ne sont pas eux-mêmes employeurs.

L’étranger est-il indésirable ?

La réalité est déconcertante de vérité, l’étude des chiffres le montre, la plupart des immigrants sont tout ce qu’il y a de plus ordinaire, et les défauts qu’on leur impute un peu trop vite ne sont souvent que des légendes.

Pas intéressant pour l’économie française ? Trop jeune, trop vieux ? Non, la plus grande partie des émigrants occupe la tanche d’âge moyenne, comprise entre 25 et 39 ans.

Jean Christophe Dumont commente à ce sujet (OCDE) : « Lorsqu’un étranger arrive en France à l’âge actif, il n’a rien coûté à l’État en matière d’éducation et de formation. Même s’il est plus vulnérable au chômage, il reste proportionnellement plus longtemps dans la vie active. Il peut donc percevoir un peu plus d’allocations chômages, mais sans doute un peu moins de prestations vieillesse, et ce d’autant plus qu’une partie des immigrés retournent dans leur pays d’origine avant la retraite. »

Étude des nouveaux arrivants, en fonction de l’âge :


Tranche d’âge





Pas assez diplômé ? Non, les étudiants arrivant pour études sont clairement formés : une infime partie (moins de 5%) d’entre eux seulement a obtenu au moins un bac ! Ainsi, dans les secteurs scientifiques, commerce & gestion d’écoles, dans le médical ainsi que dans le secteur juridique, littéraire et des sciences sociales, les étudiants possédant une bonne formation post-bac (bac + 4 et bac +5) sont fortement plus nombreux que ceux n’ayant qu’une formation moins bonne elle-même pourtant comprise entre le bac et bac +4, ce qui n’est pas non plus sans intérêt. Finalement, 6,3% des possesseurs d’un diplôme supérieur sont chômeurs mais cela passe à 13,5% quand ils sont immigrés. Pour ceux qui possèdent un diplôme de niveau bac+2, le taux passe de 7,1% pour l’ensemble de la population à 21,4%.

Comment expliquer que ces mêmes étrangers n’occupent que 3% du total des emplois dans les secteurs de l’énergie, des activités financières et de l’administration en France ?

Certains secteurs capitaux ne survivraient pas sans les immigrés.

L’apport des immigrés en matière de compétence et de travail se ressent particulièrement pour certains secteurs. Alors que leur part n’est que de 8% dans la population active, la construction emploie 17,4% d’hommes immigrés, et l’industrie automobile 12%.

Mais malheureusement, ils n’ont pas fini de réclamer l’égalité : leur concentration dans ces catégories d’ouvriers et d’employés se répercute sur le niveau des salaires perçus. Parmi les 20% des employés les mieux payés, les immigrés ne sont que 4,7%. Et le fait de se trouver au bas de l’échelle sociale a pour second effet une fragilité de leur emploi. Les taux de chômage de ces catégories (ouvriers et employés) sont de 14%, pour les immigrés, ils sont supérieurs à 21%.De plus en plus de femmes sur le marché du travail

Alors que l’ensemble des femmes en France exerce plutôt dans l’éducation, la santé et l’action sociale, plus d’une immigrée sur quatre travaille dans les services aux particuliers qui regroupent surtout les services personnels et domestiques. Et près de 20% des femmes immigrées, soit 13 points de plus que la moyenne, sont employées dans le secteur des activités immobilières, essentiellement pour le nettoyage des surfaces. Qui oserait encore dire qu’elles sont indésirables ?

Les conditions de logement des ménages immigrés sont très différentes de celles des autres ménages

Moins souvent propriétaires de leur logement, ils sont plus présents dans le secteur locatif social, et notamment HLM qui accueillent ainsi près de la moitié des ménages immigrés, en particulier dans les logements les plus anciens.

Manifestation contre l’immigration jeutable

Souvent assimilée à des locaux surpeuplés et insalubres du type grande tour HLM, la population immigrée est sans cesse rabaissée. Mais arrêtons les amalgames, ils ne représentent que 15% des locataires en HLM.

Notons quand même que dans le discours de notre président, la phrase « le choix se fera en fonction de l’économie » passe avant celle qui s’inquiète des « capacités d’accueil », bel exemple d’humanité. Mais ils ne sont pas là pour squatter et pour prendre la place des autres : les ménages immigrés sont surtout dans des immeubles anciens, les trois quart vivant dans des habitations construites avant 1975, contre moins de deux tiers pour l’ensemble de la population. Et ils ne sont pas directement chez eux, ils paient et cotisent comme tout le monde : la location est incontournable, au total les ménages immigrés représentent seulement 5,8% des propriétaires. Au vu des chiffres, un constat s’impose. Le plus gros scandale dans tout ça est de savoir que tout irait bien mieux en changeant de comportement. Oublier les idées reçues et avancer ensemble, où est le problème ?


Les émigrants donnent leur vie à la France, ils l’aiment. Est-ce qu’on les remercie pour leurs efforts ? C’est tout le contraire, il est temps d’ouvrir les yeux : ce n’est pas une l’invasion, un pillage de nos richesses. L’inverse est pourtant vrai, les pays riches profitent bel et bien des plus pauvres.

Alors de quel droit donne-t-on une image faussement négative du sans-papier ?


Article réalisé par Melk

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