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Sans-Papiers – La France des Quotas

On en entend parler pour tout et n’importe quoi aujourd’hui. La discrimination positive par quota au sein des entreprises et des partis. Attitude en équilibre entre une volonté de réduction des ségrégations et l’effet sous-jacent consistant en une destruction de toute légitimité dans une carrière. En découle d’autres formes de discriminations omniprésentes « la noire de service », « le beur de service », qui détruit l’impact de leurs décisions, de leurs actions et de leurs réflexions.

Dans un autre registre, les quotas d’interpellations par la Police pour obtenir des primes. Mesure dont l’impulsion trouve cette fois ci sa source dans une volonté de dynamiser la Police mais dont les effets sont bien évidemment l’abus de pouvoir, l’incitation à l’outrage à agent lors d’un contrôle d’identité, le zèle constant.

Et pour en venir à notre sujet, les quotas d’expulsions.

28.000 expulsions, l’objectif que s’est fixé le gouvernement pour l’année 2008. Non nous ne parlons pas de bétail en vue d‘être consommé, mais bien d’êtres humains. Cette décision voit naître une frénésie expulsive de la part des forces de l’ordre, sommées d’atteindre ces objectifs alors qu’en 2007 la cible des 25.000 était déjà jugée inaccessible. Les dérives occasionnées :

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La peur :

Lorsqu’on est sans papier, tout s’aborde différemment. Pour aller faire ses courses, pour aller au travail, on doit longer les murs. Chaque contrôle d’identité peut déboucher sur l’impossibilité de saluer ses enfants et son ou sa compagne le soir. C’est un stress permanent qui s’ajoute à celui du travail en lui-même et des impératifs de tout un chacun.

Le zèle :

7 Décembre 2007, à Rennes : la situation irrégulière d‘un soudanais est repérée par un contrôle au faciès avéré. L’origine de son contrôle : traverser à quelques mètres d’un passage piéton. La cours d’appel rejette l’interpellation face à la présence d’une véritable machine à chiffre. Pour plusieurs autres affaires Rennaises les procès verbaux sont rédigés dans les mêmes termes, laissant voir un zèle incontestable. La fin ne justifie pas toujours les moyens.

Khady Savane, née et résidant en France, revient d’un voyage au Bénin. Elle est interpellée lors de son passage devant la police des frontières. La raison : elle ne serait pas la personne en photo sur le passeport. Elle est retenue au poste de l’aéroport bien qu’elle défend être française et être la personne sur le document. On lui annonce un refus d’entrée sur le territoire pour usurpation d’identité en vue d’une expulsion.

S’ensuit tout un tas d’explications qu’ils n’écoutent pas dont sa présence au sein de la Police durant deux années consécutives. Ils ne prennent pas non plus en compte son appel à un de ses anciens collègues de la Police ! Celui-ci, lieutenant aux services généraux, confirme par téléphone qu’il s’agit bien de la personne nommée sur le passeport. Ils la retiennent toujours. S’ensuit de nombreux témoignages et soutient d’SOS racisme pour la faire sortir dans la nuit. Elle y parvient et compte bien lancer des suites juridiques à cette affaire. On imagine la même situation sans avoir travaillé au sein de la police..

Il existe des dizaines et des dizaines d’exemple de zèle similaires.

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Certains sont parfois étonnants comme cette histoire kafkaïenne vécue par Ange Djedje, Ivoirien de 41 ans. Il arrive en Italie le 29 Décembre muni d’un visa d’un mois. Il fait ensuite un détour par la France où habite sa sœur afin de réaliser des achats pour son mariage en Février. Mais lors de son retour vers l’Italie, bien que muni de son billet d’avion il est interpellé par la Police Française car son visa est expiré. Il a beau s’expliquer, il est mis en centre de rétention en vue d’un voyage payé par les concitoyens Français. Étant donné sa volonté de retourner en Côte d’Ivoire, on comprend mal cette histoire. C’est en apprenant qu’il est comptabilisé dans les quotas d’expulsions que la situation s’éclairci

La course et la mort :

 

A Amiens le 10 Août, Ivan 12 ans, tombe du 4ème étage alors que la police vient chercher son père. Fin Août, à Toulouse, Tarek 24 ans, se jette aussi du 4ème étage. Le 20 Septembre 2007, Chunlan Liu. Le 15 février, John Maïna, sportif Kényan, débouté du droit d’asile se suicide. Vendredi 4 Avril, Baba Traoré, malien de 29 ans, poursuivi par la Police à Joinville-le-Pont se noie dans la marne, les témoins affirment que les policiers l’ont regardé plusieurs minutes avant d’aller à son secours. Joinville où en 2004 déjà Mickaël et Fehti mourraient d’une même cause.

Alors qu’en France les quotas d’expulsions ne semblent pas agiter plus que cela l’opinion publique, les médias étrangers dénoncent une politique xénophobe. A quoi s’ajoute dans plusieurs pays d’Afrique la volonté d’un retour de bâton. Au Gabon le ministre de l‘intérieur annonce la réciprocité, déjà un ressortissant Français a été refoulé à la frontière. Ce sont 1000 des 10.000 Français au Gabon qui pourraient être concernés. Nul doute qu’en voyant de futures images d’un français ligoté, bâillonné et maltraité comme il est opéré en France, nos concitoyens changeraient de ton sur l‘immigration. Mais ces actions qui seront plus médiatiques qu’autre chose, ne sont que très peu relayées auprès du public Français. La justice n’est pas la seule à être aveugle.

 

Article réalisé par Djezz

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