Kanatié, 38 ans, est un sans-papier participant au mouvement pour la régularisation à la bourse du travail. Il nous raconte son histoire et les difficultés auxquelles il fait face…
Bonjour, Pouvez-vous nous parler de vous? Nous raconter votre parcours, vos revendications ?
Je suis Ivoirien et je suis en France depuis 8 ans. A l’époque, j’étais étudiant en Côte d’Ivoire et j’ai fait face à beaucoup de difficultés comme le manque de travail et le quotidien, très difficile à vivre. C’est pour cette raison que je suis venu en France, je voulais travailler, mais surtout me construire un avenir. Cette « Grande France » me faisait rêver jusqu’à mon arrivée où beaucoup de mes espoirs se sont écroulés. On m’a refusé deux fois la carte de séjour, je ne correspondais pas aux critères : je ne suis pas marié, je n’ai pas d’enfants…
Nous sommes préoccupés par notre régularisation. La lutte a duré trop longtemps et nous ne pouvons pas accepter que 1000 personnes aient leurs papiers et que les autres soient renvoyés chez eux. Nous sommes solidaires les uns avec les autres et nous voulons avoir les mêmes droits et les mêmes chances que les autres. Nous sommes déterminés et nous voulons faire avancer les choses.
Quelles sont les conditions de travail? Est-ce que certains patrons ont abusé de la situation?
Généralement, pour travailler on prend les papiers de quelqu’un d’autre. Nous sommes des travailleurs utiles, mais exploités. J’ai fait le ménage dans des hôtels, de la plonge… Un peu de tout pour pouvoir survivre. Forcément, certains patrons en profitent et nous payent un salaire de misère.
De plus sans papiers il est risqué de revendiquer l’accès aux soins.
D’après vous, comment a réagi la population française face à cette situation ?
Les Français qui ne nous soutiennent pas sont minoritaires et malheureusement ces personnes ont le pouvoir et sont au gouvernement. Beaucoup participent à notre mouvement et nous encouragent à aller plus loin dans notre lutte. De nombreuses associations nous soutiennent, nous épaulent et nous conseillent pour les démarches administratives. Nous voulons simplement vivre sereinement et dignement dans le pays où nous travaillons.
Article réalisé par Mona

