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Robot Journaliste

19 April 2010 114 views Aucun commentaire

Robot journalisteLes avancées technologiques redessinent continuellement les médias et ses acteurs. Depuis peu les chercheurs annoncent l’arrivée du robot journalisme. Réels concurrents des professionnels, gadgets ou outils, c’est avant tout la qualité du journaliste qui permettra de le dire. Révélé en France par le journaliste Yves Eudes, ce robot s’appelle Stats Monkey lorsqu’il combine des résultats sportifs en un compte rendu cohérent, ou News at Seven quand il compile des extraits vidéos en un JT présenté par des avatars. Enquête !

Les deux s’appuient sur la compilation de données statistiques et la recherche en ligne de redondances dans les articles des journalistes. À terme, la machine devrait être capable d’enrichir son vocabulaire pour sortir des expressions toutes faites inscrites par l’homme dans ses bases de données. Derrière ces machines on découvre souvent des étudiants férus de nouvelles technologies et dont les rêves pourraient bien redessiner le paysage médiatique. À l’heure actuelle, rien de révolutionnaire en terme de techniques : les deux projets reprennent des technologies déjà existantes. La nouveauté réside dans leurs adaptation au journalisme en vue d’une commercialisation. Jean-Louis Missika, sociologue et auteur de nombreux ouvrages sur les médias, soutient que pour le sport « c’est tout à fait possible (…) sur ce type de support, il y a un caractère répétitif (…) qui permet de construire des articles automatiquement ». Recueillir, synthétiser et diffuser sans pour autant créer de nouveaux contenus, voilà qui relativise l’impact du robot journalisme, le sociologue ajoute « je ne crois pas que l’on puisse faire un article politique en utilisant des robots ». Les laboratoires d’Intelligent Systems Informatics Lab, basés a Tokyo, travaillent sur un prototype capable de prendre des photos, d’interviewer des personnes, de rédiger et publier l’ensemble sur Internet. Une véritable révolution qui concurrencerait les professionnels en passant de la fonction d’outil à celle d’ouvrier de l’information. Mais derrière les effets d’annonce il n’existe aucune preuve de l’avancée de ce projet. Quand à Stats Monkey il devrait être bientôt disponible en version commerciale. Plusieurs journaux dont le Washington Post ont déjà déclaré être intéressées par l’outil d’Infolab.

En France, le journaliste robot existe déjà !

Sans processeur, sans CPU, sans codes ni scripts ! Le journaliste robot c’est nous ! Et si le fantasme des Stats Monkey et autres programmes de synthèse fait bondir la blogosphère plus que la presse professionnelle, c’est sans doute parce que leur place est belle et bien en danger. Un robot ne crée pas une information, il la recopie, au mieux les recoupes en les reliant par quelques expressions pré-enregistrées. N’est-ce pas déjà la tâche réalisée par la grande majorité des rédactions web et des auteurs de blogs ? Force est de constater que si. Ce n’est pas le robot qui atteint la compétence humaine, mais les compétences humaines qui s’abaissent à la robotisation.

Les professions dites intellectuelles peuvent craindre ces évolutions mais il faut rester lucide. La robotisation n’est pas source de création, mais de répétition ou de synthèse. Stats Monkey, News at Seven sont des technologies de Data Mining auxquelles sont ajoutées des scripts et variables préétablies pour donner l’impression d’une écriture consciente. Ce qui est très différent du fantasme de l’IA capable de développer ses compétences et actions sans intervention humaine. Le hic réside donc dans l’annonce par les

Journaliste robot, gadget du DATA mining : Le data mining consiste à extraire des informations d’une ou plusieurs bases de données, souvent gigantesques. Un procédé utilisé pour la gestion des fraudes et des données clients. La démarche consiste à définir un plan de travail, choisir les bases de données à analyser et appliquer des algorithmes. Le résultat est présenté sous forme d’arbre de décision : un tableau ou du texte synthétisant les données. Pour résumer, un robot journaliste est un DATA mining automatisé, dont l’arbre de décision est habillé sous forme d’articles. Yves Eudes, journaliste au Monde et auteur du premier article français évoquant le concept de robot journalisme, explique qu’il pourrait s’agir d’un procédé extrêmement utile à la profession. Il cite l’idée d’investigation sur les propriétés immobilières des politiciens, l’outil puiserait alors dans les bases de données afin d’extraire les titres de telles ou telles personnes. Les exemples et possibilités sont infinis. Un travail presque impossible pour un journaliste : plusieurs jours, sinon plusieurs mois de recherches pour quelques lignes. Dans ce cas, la machine n’écrit pas l’article mais sert d’outil au journaliste.

Journaliste robot, gadget du DATA mining : Le data mining consiste à extraire des informations d’une ou plusieurs bases de données, souvent gigantesques. Un procédé utilisé pour la gestion des fraudes et des données clients. La démarche consiste à définir un plan de travail, choisir les bases de données à analyser et appliquer des algorithmes. Le résultat est présenté sous forme d’arbre de décision : un tableau ou du texte synthétisant les données. Pour résumer, un robot journaliste est un DATA mining automatisé, dont l’arbre de décision est habillé sous forme d’articles. Yves Eudes, journaliste au Monde et auteur du premier article français évoquant le concept de robot journalisme, explique qu’il pourrait s’agir d’un procédé extrêmement utile à la profession. Il cite l’idée d’investigation sur les propriétés immobilières des politiciens, l’outil puiserait alors dans les bases de données afin d’extraire les titres de telles ou telles personnes. Les exemples et possibilités sont infinis. Un travail presque impossible pour un journaliste : plusieurs jours, sinon plusieurs mois de recherches pour quelques lignes. Dans ce cas, la machine n’écrit pas l’article mais sert d’outil au journaliste.

programmeurs d’une capacité à enrichir de manière autonome le vocabulaire de ces robots. Mais comme ils le précisent, c’est un objectif « à terme », concrètement : ils sont encore à l’effet d’annonce. Le journalisme web doit repenser son fonctionnement, aller davantage vers la création de contenus originaux, spécifiques et vers l’analyse. Une dynamique que la législation n’encourage pas en raison d’un vide juridique sur les droits d’auteur sur internet. Pourquoi s’évertuer à chercher et créer un contenu original qui sera plagié à répétition, souvent sans citer la source et dont certain s’attitreront les mérites.

Le web aurait il des problèmes d’échos ?


La toile, monde merveilleux de l’information : elle bouillonne, elle foisonne, elle nous inonde. Les sites professionnels comme amateurs se multiplient, mais est-ce vraiment le signe d’une diversification de l’information ? Le journalisme web a transformé la profession. Les barrières tombent entre internautes et journalistes. Webzines alternatifs, blogs, sites officiels des grands médias, pures players (entreprises dédiées au web), la diversité des supports impose de s’interroger sur les statuts, la pertinence et la visibilité de chacun.

Le web est perçu comme un outil favorisant le pluralisme, mais une étude de la MSH Paris Nord parue en 2008, décrit un journalisme inscrit dans la redondance : copier, coller, copier, coller. Le rapport ne conteste pas l’originalité de certains contenus, il fait état du nombre de sites d’informations qui prennent peu le temps de rechercher ou de confronter des sources. L’information web reprend souvent un article, une dépêche déjà existante, à laquelle on ajoute son opinion. Les contenus sont appauvris, simplifiés et amènent à des similitudes. Ces répétitions donnent la priorité dans les résultats affichés par Google, si bien que les initiatives plus originales sont noyées dans la masse.

Pour les blogs même reconnus, la démarche est encore plus marquée si bien qu’il s’agit plus de billets d’humeur géants que de journaux à proprement parler. L’effervescence créatrice prêtée à l’Internet est donc toute relative. C’est l’accessibilité aux sources qui se multiplie grâce à la gratuité et à l’accès aux contenus étrangers, mais les sources elles même ne se multiplient pas de manière significative.

A qui la faute ? Les auteurs de ce rapport constatent que « l’exercice même du métier de journaliste semble avoir connu des mutations profondes et durables », avec un passage d’un journalisme debout (investigation, enquête, déplacements sur les lieux d’évènements) à un journalisme assis (rewriting, édition de contenus récupérés). Une évolution imposée par l’arrivée de grands groupes industriels dans la direction des rédactions, mais pas seulement. Le développement technologique permet aux grandes structures de monopoliser l’investigation (AFP, Reuters, Associated Press), en alimentant les médias des quatre coins du monde en un minimum d’efforts et de coûts. Le journaliste de bureau crée de nouveaux emplois, mais la création d’information elle en bénéficie peu. Un journaliste du Monde, contacté par téléphone précise de lui même qu’il est rédacteur du journal papier et non du site web, preuve que la profession a conscience de l’aspect dévalorisant et moins noble du journalisme web.

Article réalisé par Djez

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