Nous sommes le 21 Juin 2006, il est deux heures du matin, Paris bat aux rythmes de la fête de la musique. Il n’est cependant pas permis à tous de s’exprimer librement. La preuve est cet artiste plaqué au sol pour avoir chanté « Je tire une taff sur mon spliff et j’emmerde la Police », tiré de la chanson mes cicatrices.
Alors on comprend mal la réaction des « gardiens de la paix » face à une « si grande » menace pour l’Etat. Pourtant l’Etat c’est moi et j’ai dû mal à cerner le danger que ces mots font peser sur mon avenir. Ha l’Etat, juge de ce qui est bon ou non pour toi et qui te l’impose. C’est d’autant plus dommages que l’espoir réside dans cette capacité à voir des talents donner du sens aux mots « dans cette phrase polémique, la police représente la loi prohibitionniste qui condamne l’usage du cannabis » (voir l’avis du concerné sur le sujet). Une réflexion bien au-delà des accusations d’outrage et rébellion à agent qui emmèneront Rara Fonpanié devant la justice.
Alors l’outrage on l’aura compris, réside dans la petite phrase polémique, mais la rébellion est encore plus amusante, si je puis dire. Cette dernière consiste à se défendre lorsque la police vous interpelle. Quel con ce Rara Fonpanié, il ne pourrait pas fermer sa gueule et s’asseoir sur ses droits comme tout le monde ?!
Après de longues incertitudes, le Tribunal de la cour d’appel a rendu son jugement cet été. Notre chanteur est donc relaxé, ce qui signifie que la version des policiers n’a pas été retenue. Sans pour autant les déclarer menteurs ni ouvrir la porte à une jurisprudence pour les propos liés à la consommation du cannabis, ça n’en est pas moins une victoire morale et juridique pour Rara Fonpanié et l’ensemble de ses soutiens.
Celui-ci est tout de même reconnu coupable de rébellion, acte qu’il c’est accordé lui-même dès le début du procès. Mais la peine de 200€ d’amande et 200€ de frais de justice est dérisoire pour ce genre d’affaire.
Je vous vois venir, il nous parle de victoire alors que Rara écope de 400€ à verser à l’Etat, il est riche lui pour dire cela. Mais s’en est pourtant une, car si l’on avait retenu la version des policiers et adapté la peine en conséquence, cela aurait ouvert un peu plus la porte à l’interpellation de tout artistes qui se fait défenseur de substances prohibées.
Pour finir, profitons de cette nouvelle pour vous inviter à écouter sa chanson Laissez moi chanter, « Je chante mes cicatrices et je mets même pas de cagoule ». Cette tracks relate la vision de l’Etat face aux chansons conscientes et corrosives. Mais ne t’inquiètes pas militant, le visage nu et le cœur ouvert, Rara nous prouve que c’est possible !
Petite morale annexe : Heureusement pour les forces de l’ordre qu’elles ne connaissent pas bien leur anglais, vous imaginez le nombre d’artistes à interpeller ? Non, mais sans blagues !
Djezz



