La musique peut parfois prendre des tournants inattendus. Engagée ou plus légère, parfois violente, mais aussi parfois comique : c’est la raison du succès de Zêdess, surnommé « l’étalon de la musique Burkinabé », qui chante ses lyrics teintés d’ironie, tout en touchant un sujet sensible.
Et le résultat n’en est pas moins intéressant. Dans ce domaine énorme qu’est la musique reggae, le point commun repose sur l’essence même de cette vague de conscience : la mélodie ne sort jamais sans être accompagnée d’un message. « C’est l’histoire d’un chef d’Etat totalitaire qui appauvrit les plus pauvres, dans sa lutte pour que le pouvoir n’appartienne qu’aux riches… » Quoi, cela vous rappelle l’Afrique ? Pourtant ça se passe en France, et c’est notre président !
« Ils disent qu’ils ont besoin des Africains mais chez eux… ils font trop d’enfants qui foutent le feu » Zedess
Humble, après plus de 15 ans de carrière, Zêdess assume totalement le rôle d’un chanteur : il a le pouvoir de transformer la société patiemment, à grand coups de lyrics satiriques et moralisateurs. Et bien qu’il ait été décoré de l’ordre du mérite par les autorités burkinabaises, il ne se pose pas en donneur de leçons. Ce qu’il décrit c’est la rue qu’il a longtemps côtoyée. Et il sait lui rester fidèle. Prenant son envol de Bruxelles où il réside en ce moment, il part régulièrement à Ouagadougou quelques mois pour retrouver son entourage, leur quotidien… et leurs problèmes, qu’il décrit ensuite dans ses chansons. Tout part de la rue, les échanges y deviennent des mots, puis des paroles. C’est ce sens de l’observation qui plait à la population burkinabaise, elle qui voit sa propre histoire mise en musique.

Le temps passe et la popularité de Zedess commence à dépasser les frontières (son dernier album réunit les belges de Starflam et les marseillais de Massilia Sound System!). Seconde étape, son chant s’invite dans la scène politique, véritable tradition de la musique reggae ! Alors que les présidentielles approchent en France, il sort le titre « Un Hongrois chez les Gaulois », morceau qui n’a pas perdu une miette de son importance après l’élection de l’omni-président Sarkozy. Des paroles simples, un flow direct qui ne laisse pas de doutes sur sa cible : l’inventeur de l’immigration choisie prend cher ! « Finie l’époque du Négro musclé ‘belles dents’, Aujourd’hui il veut du noir diplômé et intelligent ». Notons que le site internet de l’artiste, www.zedess.fr, est fermé depuis quelques temps : hasard ou sabotage ?
« Quand tant de gens suspectent votre discours, c’est pas le monde entier qui a tort, c’est peut être vous qui devez faire votre introspection » N. Sarkozy

Avant Zedess, les attaques contre le président Français tournaient déjà comme Sarko Skanking, remix d’un vrai-faux discours vraiment violent, réalisé par l’association Onsfoudkilao, et le duo Polemix & Voix Off. « On est comme des lions – qu’ils voudraient mettre dans des cages, on est des millions – à vouloir faire passer le message » Mémorable également, le morceau « cet homme » du Bahle Baccé crew, remarquablement travaillé et abouti. Voici donc quelques tubes anti-sarko qui montrent que parfois un peu d’humour aide à faire passer le message ! Et Onsfoudkilao nous le rappelle : « la dérision, c’est sérieux ! ».
Pour découvrir le clip de Zedess, « Un Hongrois chez les Gaulois » :
Voici « Cet homme » du Bhale Baccé Crew :
Vous trouverez ici le clip de Sarko Skanking :
Article réalisé par Melk

