You are here: Home // Afrique / Antilles, France / Europe, Sujet de Société // L’implication Internationale et Française dans les finances du Génocide Rwandais

L’implication Internationale et Française dans les finances du Génocide Rwandais

Rwanda 2Il y a 14 ans que cet ignoble génocide a eu lieu. Environ un million d’êtres humains ont été exterminés. Ceci non pas dans l’indifférence absolue, mais dans la contemplation la plus totale. Loin d’être étrangers et simples spectateurs de ce cauchemar, et encore moins ignorants, plusieurs éléments mettent en cause la France et les institutions financières internationales.

Le FMI, sa dette et le fertile terreau de la haine :

Dans les années 1980 les pays en voie de développements sont en crise économique. La banque mondiale et le FMI prennent alors la décision de ne pas intervenir dans l’économie de ces pays. Mais le Rwanda, alors très peu endetté quand à lui, se voit octroyer un certains nombres de prêts. Résultat le pays multiplie sa dette par vingt de 1976 à 1994. La dette est alors d’un milliard de dollars.

Ce soutien économique à un gouvernement dictatorial est permis par la simple raison qu’il garantissait de ne pas engager des réformes structurelles progressistes et indépendantistes mais bien au contraire, de s’aligner sur celles imposées par le FMI et la Banque Mondiale (contre partie de chaque prêt octroyé à un pays, soit dit en passant).

FMI

Quelles sont ces exigences imposées contre les prêts ? La progression des capacités d’exportations de café, de thé et d’étain qui naturellement se fait au dépend de la production alimentaire. Mais le cours de ces matières premières chute à partir de 1980, obligeant le Rwanda à augmenter la dette qu’il contracte.

En 1990 le gouvernement Rwandais signe un accord pour mettre en œuvre un programme d’ajustement structurel. Celui-ci propose à l’État de nouveaux prêts contre la dévaluation du franc rwandais et une réduction des dépenses publiques. Mais celles-ci, réduites en parties, sont aussi transférées sur le budget de l’armée. A cette date commencent les premiers combats entre le gouvernement et le parti d’opposition FPR, les premiers massacres de Tutsi sont constatés mais seulement, ce n’est pas encore ce que l’on pourrait caractériser de génocide.

Les biens importés coûtent de plus en plus cher, le pouvoir d’achat rwandais quand à lui baisse. Le résultat est immédiat, la paupérisation des plus démunis place le pays dans une situation critique. Voilà l’émergence d’un vivier désespéré, prêt à être recruté dans les milices et dans l’armée.

Entre 1990 et 1992 les dépenses militaires triplent. Une mission d’expert est envoyée par la BM et le FMI, conclusion : on souligne quelques points positifs de la politique d’austérité et on menace de suspendre les paiements si les dépenses militaires continuent de progresser. Le gouvernement rwandais les dissimule alors dans d’autres domaines. L’achat de camions militaires est dissimulé dans le budget des transports et l’essence nécessaire dans celui de la santé. C’est ainsi que dans une période déjà très douteuse le FMI et la BM financent l’armement et la logistique qui serviront au génocide. Quand on voit un budget militaire tripler alors qu’on a imposé à un pays des mesures qui déjà maintiennent la population dans la pauvreté, l’avertissement simple du suspend des prêts est déjà un crime. Sans compter que l’ONU n’en a pas été informée directement et que les organisations des droits de l’homme dénonçaient depuis 1991 les premiers massacres contre les Tutsis.

La BM et le FMI mettront un terme aux paiements à partir de 1993, mais le gouvernement rwandais avait, depuis 1990, accumulé un armement vendu par la France, la Belgique, l’Afrique du Sud, l’Égypte et la Chine grâce à ces prêts.

La France et son milliard perdu :

Martin Marschner von Helmreich, spécialiste dans la haute finance signe en 1994 une convention de courtage financier avec la Caisse centrale de réassurance (CCR), où il dépose l’équivalent de trois millions d’euros, sommes appartenant à ses clients. Le 19 août 1994, la CCR, dépendant directement du Trésor, fait savoir à Martin Marschner qu’elle a perdu un milliard de francs français de l’époque. Le 14 septembre 1994, le trésor public Français rembourse l’intégralité de cette somme sans explication.

Rwanda

Pour cet expert il est alors complètement aberrant de perdre une telle somme sans justification. Il déclare lors de son témoignage à la commission Mucyo, à propos des responsabilités françaises dans le génocide rwandais :

« Une société étatique qui perd un milliard et, 15 jours plus tard, le contribuable qui renfloue la somme, sans aucun élément d’explication, cela constitue un événement anormal. Le contribuable français a ainsi remboursé l’argent détourné par ses dirigeants pour financer le génocide », a affirmé M. Marschner

Vous me direz, mais quel est l’élément qui permet de mettre en avant une relation entre la France et l’achat d’armement par le Rwanda ? Tout n’est pas clair et précis, mais une chose et sure, M. Marschner ajoute :

« Ce qui est intéressant, précise le témoin, c’est de constater que moi, qui cherche où est parti l’argent de mes clients, je tombe sur un numéro de compte à la BNP. Vous, qui cherchez d’où est venu l’argent qui a financé les livraisons d’armes aux FAR, vous tombez sur le même compte ! ».

Alors, pour mesurer l’implication française, quelles sont les personnes au courant de ces transactions ? D’après M. Marchner, il s’agit déjà en toute évidence des personnalités ayant autorisé les pertes observées ainsi que leur renflouement :

(Fonctions d’époque)

- Pierre Duquesne, Ministère de l’Economie et des Finances, sous-directeur à la Direction du Trésor ;

- Yves Mansion, AGF, directeur général ;

- Jean-Luc Pain, Ministère du Budget, sous-directeur à la Direction du Budget ;

- Michel Taly, Ministère du Budget, chef du Service de la Législation Fiscale ;

Moins certains à nos yeux mais évoqués par notre cher témoin, auraient été aussi au courant François Pérol, à l’époque sous-directeur du Trésor et aujourd’hui membre de la « garde rapprochée » de Monsieur Sarkozy, en tant que secrétaire général adjoint de l’Élysée, et d’autre part du directeur du Trésor lui-même, Monsieur Christian Noyer, aujourd’hui gouverneur de la Banque de France.

Nous en venons donc au nom de Nicolas Sarkozy. Se gardant bien de l’impliquer M. Marschner précise tout de même qu’il était ministre du budget à l’époque et que ses adjoints directs siégeaient au conseil d’administration de la CCR.« Bien sûr, il est peu probable que l’on ne l’informât pas qu’il allait lui manquer un milliard (1.000.000.000 !) au moment de boucler son budget. Mais, je n’avais son nom sur aucun des documents relatifs aux pertes directes de la CCR en ma possession. »

Ces dernières révélations confirment encore un peu plus la responsabilité de l’État Français. Il est d’autant plus inquiétant de voir que les proches du dossier ont pu continuer leur ascension politique en toute impunité.

Article réalisé par Djezz (sources disponibles sur demande)

Tags:

Leave a Reply

*

Copyright © 2009 MilitantVibes. All rights reserved.
Designed by Theme Junkie. Powered by WordPress.
300 x 420