Histoire de l’esclavage codifié : Genèse (partie 1)
« C’est le péché qui fait que l’homme tient l’homme dans les chaînes et toute sa destinée… » écrivait Saint Augustin au IVème siècle apr. J.C. Pour lui l’Homme doit rester libre.
Mais depuis que l’Homme créa société avec des règles et des droits, il en a fait certain supérieurs à d’autres.
L’anthropologue britannique B. Malinowski raconte : « Dans des conditions primitives, l’esclavage n’existe pas [...] L’apparition de l’esclavage apparait avec le développement économique… ». En effet dès les premiers temps de l’humanité, dès le début de l’Histoire que les historiens placent en Mésopotamie, les Hommes ont organisé et structuré ce que nous appelons l’esclavage.
Il est cependant une différence entre l’esclavage antique et l’esclavage négrier. Dans toutes les sociétés primitives l’esclave est reconnu comme être humain. Il est toutefois considéré dans une classe inférieure.
L’esclave noir du XVIIème siècle est considéré comme un bien, une chose. Il n’a plus la qualité d’être humain. Il est un objet qu’on achète et qu’on possède.
L’esclavage de classe
Si l’on considère la Mésopotamie comme berceau de l’humanité, alors l’humanité fut dès son commencement esclavagiste.
Au IVème millénaire av. J.-C. dans la région de Sumer, il existe des cités avec leurs gouvernements et leur justice, et déjà il existe des esclaves. Le graphe qui désigne le terme esclave est le même que celui qui désigne l’étranger.
Le code d’Hammourabi, premier code de justice de l’humanité écrit au XVIIIème siècle av. J.-C. nous apprend que les esclaves babyloniens ont le droit de posséder des biens, d’exercer le commerce et d’épouser des femmes libres. L’affranchissement est possible par l’achat de la liberté ou l’adoption par le maître lui-même.
Les Hittites, peuple avancé et encore mystérieux établit en Asie occidentale reconnaissait à l’esclave la qualité d’être humain même s’ils le situaient dans une classe inférieure.
En Grèce archaïque aux environs de l’an 800 av J.-C., l’esclave peut posséder des biens et exercer quelques professions indépendantes.
Avec le siècle de Périclès, l’âge d’or de la Grèce antique notamment pour l’invention de la démocratie; l’esclave n’est plus considéré comme un être humain mais comme un « être à pieds et à mains », il est dépourvu de toute personnalité juridique, c’est un objet de propriété de la manière qu’un animal domestique. A cette époque au Vème siècle av J.-C. il y a 200 000 personnes libres à Athènes et 300 000 esclaves.
Avec l’empire romain et les débuts du christianisme, la condition de l’esclave n’évolue que très peu. Il existe cependant deux formes d’esclavage :
-L’esclavage classique sur de grandes exploitations agricoles ou minières; de grandes quantités d’individus sont exploités au maximum et gérés de manière presque militaire.
-L’esclavage domestique, patriarcal, dans lequel les esclaves sont traités humainement et parfois même intégré au culte familial.

Jusqu’au moyen-âge, la condition de l’esclave ne s’améliore pas malgré l’essor puis le règne du christianisme, qui dans ses fondements philosophiques rejettent la supériorité d’un homme sur un autre. « Il n’y a ni homme ni femme, ni juifs, ni grecs, ni hommes libres, ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus-Christ ». Epitres aux Galates de Saint Paul.
Avec le règne de Clovis, de Charlemagne et leurs successeurs, ils ne conduisent pas à une réduction de l’esclavage, mais à des modifications dans la structure de la dépendance et dans la nature de sa perception sociale.
Avec la fin de l’ordre romain, de nombreux paysans libres abandonnent cette indépendance contre la protection d’un guerrier local, qui de se fait se trouve à la fois propriétaire de la terre et des hommes qui l’exploitent.
Les ressources classiques de l’esclavage diminuent par la limitation de guerres extérieures. Les seigneurs se limitent à des conflits locaux afin d’agrandir leur territoire par définition restreint.
La seule différence entre les esclaves de l’antiquité et ceux du moyen-âge, c’est qu’ils ne peuvent pas être vendus comme des meubles, ils appartiennent au seigneur au travers de la terre qu’ils cultivent.
En 900 apr. J.-C., il y a 20% d’esclaves et 80 % d’hommes libres.
Les plus grands « maitres » sont les gens d’Eglise. En effet possédant de nombreuses terres et de grands territoires ils se doivent d’avoir de la main d’œuvre. Par conséquent ils ne considèrent plus l’esclavage comme un mal social mais comme une évidence imposée par les règles de la cité.
En Occident l’esclave devient serf. C’est en orient que l’esclavage se perpétue et annonce le commerce triangulaire européen.
Dès les premiers temps du moyen-âge les Arabes cherchent de la main d’œuvre et la trouve en faisant des razzias sur les côtes du pourtour méditerranéen jusqu’en Afrique noire. Selon les spécialistes la traite arabe à partir d’Afrique noire a fait entre 12 et 18 millions d’esclaves en un millénaire.
Le commerce triangulaire :
Dès le XIVème siècle, les Portugais naviguent le long des côtes marocaines et 1/5 des hommes fait prisonniers sont livrés en esclavage au roi du Portugal. C’est le début de l’exploitation humaine en Afrique. Après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb tout s’accélère. Le 3 mai le pape déclare : « Les païens et les infidèles ne possèdent légitimement ni leurs terres ni leurs biens et les fils de Dieu ont le droit de les leur enlever. »
Le commerce triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et le Nouveau Monde exploite des millions d’esclaves noirs. Une dizaine de pays se partage le marché, en voici la liste avec le nombre de traversées et le nombre d’esclaves.

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Articlé réalisé par Mahmoud de Lombers, historien









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