Entretient avec Flynt
Avec son album “J’éclaire ma ville” le rappeur Flynt nous confirme ses talents d’observateur et de lyriciste. Son inspiration, il la puise dans son quotidien tout en conciliant ces deux passions: le rap et l’écriture. Votre webzine a rencontré pour vous l’un des artistes les plus doués et talentueux de la scène Hip-Hop.Peux-tu me raconter brièvement ton parcours dans le milieu du rap , Pour ceux qui ne te connaissent pas encore?
Flynt: Faire du rap a été pour moi un moyen de concilier mes deux passions pour l’écriture et le rap. Je qualifierai mon parcours de parcours classique : compilations, mixtapes, puis un maxi, puis un second et un troisième pour enfin sortir mon premier album ” J’éclaire ma ville” . Cet album nous a permis de faire beaucoup de concerts depuis un an. Les concerts, c’est ce qu’il y a de mieux, c’est pour l’emmener sur scène que Dimé et moi on a réalisé cet album.
Lorsque que l’on écoute ton album on se rend compte que tu es loin du rap “hardcore” mais que tes textes sont censés et engagés ….
Flynt: Être “hardcore et engagé” ça n’est pas forcément opposé. Je ne me considère pas loin du rap “hardcore”, Je pense que ça dépend de ce que tu entends par hardcore….
J’entendais rap “hardcore” version “bling-bling”….
Flynt: Ah! c’est sûr que je ne fais pas du rap “bling-bling”. Je ne fais pas de rap “aseptisé” ou formaté non plus. Je ne fais pas du rap “fast food”. Je dirais que je fais du rap “vrai”.
Penses-tu que le Hip-Hop se doit d’être militant ?
Flynt: Tout d’abord pour moi, la musique est un espace de liberté donc chacun a le droit de prendre le rap comme il veut. Mais le hip hop pour moi c’est la passion donc quand tu es passionné par quelque chose, tu milites forcément. Et je pense que le rap est militant de par la nature et l’origine sociale même de ceux qui en font. Tous les rappeurs ont une part de révolte en eux qui les a poussé à faire du rap. Le rap dénonce des problèmes de société, on parle de ce qu’on a sur le coeur, de ce qu’on voit, de ce qu’on vit, de ce qu’on voudrait, de ce qui nous révolte. Le rap ne doit cependant pas être que militant non plus, tu dois pouvoir parler de tout. Et être militant c’est un peu large, tu peux militer pour plein de choses différentes : contre le rap de merde, pour tirer les jeunes vers le haut, contre le racisme et les injustices, contre les discriminations, pour ta gueule. Il faut bien voir ce qu’on met derrière le mot militant aussi.
Dans le titre “La gueule de l’emploi”, toi et Sidi Omar vous dénoncez un problème de taille et d’actualité. Comment vous est venu l’idée de faire un titre sur les inégalités sociales et le racisme?
Flynt: On a simplement regardé ce qui se passait autour de nous. On a parlé d’une situation qui existe réellement dans la vie de tous les jours pour certaines personnes qui n’ont pas la bonne couleur de peau, le bon faciès ou la bonne adresse. On a scénarisé ce fait et fait une histoire de ces situations. Si on en croit les statistiques, il y a de plus en plus de plaintes par rapport aux discriminations à l’embauche en France cette année, ce n’est pas une fiction.Quels sont tes influences en matière de rap engagé?
Flynt: Je n’aime pas trop le mot “influence”. Ce n’est pas un autre rappeur qui m’influence mais ce que je vois dans la vie de tous les jours. Mais bien sûr, il y a beaucoup de raps que j’apprécie et que je respecte.
Souvent les rappeurs écrivent pour que les choses changent. Es-tu prêt à aller plus loin , comme créer une association ou soutenir un parti politique?
Flynt: Avec un morceau de musique tu ne vas rien changer. Tu peux juste faire réfléchir un jeune qui t’écoute, donner du plaisir. Ce qu’on pourrait changer à la limite c’est dans le rap mais je ne pourrais pas changer le quotidien des quartiers avec du rap. Et je n’irai jamais soutenir un parti politique.
Quels sont tes projets?
Flynt: Je vais continuer à faire des concerts avec mon album “J’éclaire ma ville”. J’espère aller dans les villes où on n’a pas encore joué et j’aimerai aussi prendre le temps de faire des morceaux avec des gens que j’apprécie. J’aimerais surtout faire un deuxième album et vivre avec ma musique de la façon la plus saine possible.
Article réalisé par Peach









Anthony John
Pizko Mc
Ortega Dogo
King Stone Family