Droits de l’homme : pas de leçon à donner
Le bilan de la situation des droits humains en France a été examiné à la fin du mois de mai par le Conseil des Droits de l’Homme des Nation Unies. Le gouvernement aime faire autorité en matière de droits sociaux et humains, mais l’examen se révèle mauvais à l’aube de la présidence de la France au Comité de l’Union Européenne.
« En matière de droits de l’homme, la France a un message à porter, mais pas de leçon à donner », commente François Zimeray, ambassadeur de France pour les Droits de l’Homme.
Principaux échecs constatés par la commission : la loi française interdisant à l’école le port de signes religieux, dont le foulard islamique, et la surpopulation des prisons.
En effet, toujours selon le rapport, on admet enfin que la législation française a conduit à la « stigmatisation du foulard islamique », et a provoqué « l’intolérance religieuse contre les femmes qui la portent en dehors de l’école, à l’université ou sur le lieu de travail ».
Le moment est décidément bien choisi. D’ici peu, la France sera présidente de l’Union Européenne, il était donc naturel de faire un point sur la situation. Et dans le rapport, le plus gros problème sont des actes de racisme, d’antisémitisme et d’islamo phobie et de discrimination envers des communautés visibles.
Quand aux mauvaises conditions carcérales, le gouvernement est critiqué quand à la surpopulation et les mauvais traitements infligés dans les prisons, et on admet l’accès tardif à un avocat lors des rétentions, ainsi que les problèmes de la loi sur la rétention préventive des auteurs de crimes violents. Énième discours ?
Le gouvernement répond non, en admettant clairement que le rapport jette un oeil lucide sur la situation et rappellent que la France coopère totalement avec le programme d’EPU (Examen Périodique Universel) du conseil Européen, pour la première fois, et qu’elle en tirerait les conclusions adaptées. « Le défi est de présenter un meilleur rapport dans quatre ans ». La France pourra en effet revendiquer un rôle important en matière de droits humains dans le monde, que lorsqu’elle assurera vraiment tous les droits humains chez elle et à l’étranger. Cet examen permettrait donc, selon l’ambassadeur, « de mieux nous comprendre en nous regardant à travers le regard des autres ».
Le temps des critiques est donc passé, vient maintenant celui de l’action.
Article réalisé par Melk









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