[Documentaire] Zeitgeist Addendum : l’escroquerie monétaire
Zeitgeist est un terme allemand signifiant « l’esprit du temps ». C’est aussi un mouvement philosophique qui s’attache à faire de chacun son propre élève, enseignant, chef et gourou afin de lui fournir une certaine maturité intellectuelle. Démontrant les vices de notre société, il prédit son échec. Dans ce reportage du même nom, réalisé par Peter Joseph, il explique durant deux heures que la base du malheur et de l’insatisfaction de ce monde est la conséquence du fonctionnement du système monétaire. Mais la complexité de la situation réside dans « l’esprit du temps », il n’y a pas de grand complot international avec des chefs d’entreprises réunis autour d’une même table. Il y a simplement… des intérêts personnels mises communs au dessus de nos têtes et acceptés par les sociétés modernes.
L’élite a sa responsabilité, importante, mais la diaboliser ne fait que freiner les changements que nous devons opérer en nous-mêmes, en plus de nous décrédibiliser. Ce mouvement de pensée décrit la situation actuelle comme un état d’esprit qui rend impossible la compréhension réelle du monde. Une norme qui fait passer pour folle toute personne qui pointe le problème. Un système qui, au lieu de féliciter celui qui expose une analyse critique, le fait taire en lui rappelant qu’il n’a pas la solution. Nous sommes nos propres dictateurs…
Point positif de ce reportage, que l’on soit d’accord avec un point, l’ensemble, ou qu’on ne le cautionne pas du tout, c’est qu’il ne fait pas que démonter notre système, il lui propose… une alternative. On vous laissera l’apprécier par vous-même.
Nous nous concentrerons sur un point précis de ce reportage, l’économie, puisqu’il évoque de nombreux domaines comme la religion et la justice. Au niveau économique, tout commence par une explication de notre système monétaire, perçu comme immuable, essentiel et… obligatoire. Une véritable institution qui, par nature, a pour objectif de faire persister, de préserver une vision figée. Mais comment est créé l’argent ? Par qui ? Il définit nos vies mais nous ne connaissons pas son origine. L’explication est très détaillée, mais, pour faire simple, notre économie crée et distribue de la monnaie sur des ressources, des valeurs qui n’existent pas. Tout notre système est faussé. Une grande partie de l’argent des banques et des États est fictif. Mais la ressource, le bien matériel, vos véritables billets, eux, sont vrais. La conséquence est que leur valeur, leur pouvoir d’achat est à répartir entre vos billets et l’argent fictif. Le système dévalue par essence ce que vous possédez.
Puis le documentaire mettra en avant l’existence d’assassins financiers, rappelant que le néocolonialisme est un fondement de l’idéologie monétaire. S’efforcer à maintenir à la tête d’un pays n’importe quel homme qui rendra son pays perméable au système monétaire mondial. En gros, refouler l’intérêt général et l’accès aux ressources derrière la logique du profit. Une situation qui semble inacceptable quand on la prend au moment de la décision initiale, mais qui une fois dans le système, semble… normale. C’est « l’esprit du temps ».
Une fois qu’un pays accepte ce système, régi par les lois de l’OMC et avec l’assurance d’investir dans tel chantier, de vendre telle ressource, le FMI et la Banque Mondiale sont là pour prêter de l’argent. Bien souvent après avoir exigé une dévaluation de la monnaie nationale, amenant à une baisse de la valeur des ressources. Les multinationales achètent ainsi à bas prix les biens de votre pays. Les dettes plongent les pays dans une fuite en avant, quasiment impossible à freiner. La dette pousse les citoyens à redoubler d’efforts pour la rembourser : baisse des salaires, augmentation des prix, pouvoir d’achat en baisse (on a injecté de l’argent qui n’existe pas sur une réalité inchangée), privatisation… L’argent dû aux banques avec les intérêts sera toujours supérieur à l’argent en circulation, l’inflation est inévitable dans un tel système !!! L’objectif de ces institutions n’est pas de rendre les gens pauvres, bien évidemment, il n’y a pas de théorie du complot. Mais leur situation dans le système qu’elles ont engendré les amène, pour continuer à exister, à obliger les peuples à ne plus se trouver en situation d’autosuffisance. L’argent, le profit, n’est animé que par la présence d’un manque.
Cette tendance pourrait éventuellement s’inverser, mais à la condition que ceux qui doivent rembourser détiennent ce qui crée de la richesse. Or les privatisations enlèvent à l’État et aux citoyens le seul élément qui en génère. Ils doivent rembourser les banques avec l’argent perçu par les concitoyens, qui lui, provient d’un salaire qui est une infime partie de l’argent de l’entreprise, qui est celle qui détient la ressource grâce aux exigences législatives imposées par les banques. Les États ne créent donc pas assez de richesse et doivent à nouveau emprunter de l’argent pour réaliser leurs projets, faire fonctionner leurs administrations et doivent donc continuer à laisser les institutions monétaires réglementer leur système économique. Dans le cas contraire, les robinets sont fermés. Le comble est qu’en plus, vous devez acheter la ressource. Il ne s’agit ni plus ni moins d’une économie parasite qui concentrera toujours plus de richesse que les organes affiliés à l’intérêt général.
Alors que la richesse « fictive » mondiale augmente chaque année, la pauvreté augmente dans la population mondiale. La monnaie fictive vole votre argent, c’est cela la véritable économie parallèle. C’est exactement comme si je venais échanger des mégots de cigarette contre vos billets, en stipulant qu’ils ont la même valeur. Si une personne le fait, ça ne passe pas… si la majorité de la planète l’intègre à son système, je vous assure que vous prendrez mes mégots. L’exercice mental pour accepter l’idée que le système possède nos ressources, nous les vend, qui plus est avec une monnaie manipulée, est difficile. Plus le mensonge est gros, plus les gens y croient…
La clef idéologique qui ferme la porte à toute alternative est de déclarer que la nature humaine est ainsi, qu’aucun autre système ne pourra le remplacer car l’homme est par essence corrompu, égoïste, avide. En somme, qu’une gestion globale des ressources de la planète est humainement impossible. Vous vous souvenez de Nicolas Sarkozy qui voulait déceler des gènes de la criminalité, c’est l’exemple de l’aboutissement de cette idéologie, qui oublie qu’avant tout l’homme est défini par son environnement… L’égoïsme, l’avidité, la corruption ne sont pas une conséquence de la nature humaine, mais d’un système basé sur le profit. Un système qui place dès la naissance dans une peur de l’autre. Nous ne disposons pas des ressources, nous devons les acheter, donc si je ne l’achète pas l’autre le fera. Le système monétaire a pour conséquence une division entre êtres humains.
Cette méfiance régit nos vies. Pour l’obtenir il ne faut pas être efficace, il faut perpétuer une activité. De ce fait la méfiance s’applique à chaque service, chaque achat : un vendeur, un médecin, un caissier etc… La logique du profit, nous la vivons et la ressentons, donc nous jugeons chaque rapport aux autres en ayant conscience qu’il a cette même logique. Si je veux gagner de l’argent, il le veut aussi… alors est-il honnête dans sa prestation ?
La peur du manque tue l’espoir d’une possession globale. Pour survivre il faut lutter pour soi-même et contre les autres. Oser être le premier à penser différemment ne va pas sans la pensée que l’autre en profitera pour te doubler. Voilà, cette dernière pensée est une muselière qu’on enfile de soi-même. Car ce qu’il y a de pire pour un homme que d’être asservi par un système, c’est de savoir que ce dernier n’est pas viable sans avoir la solution pour le changer. Nous avons tué l’innovation politique.
Le reportage par son analyse du système monétaire prédit presque la crise économique actuelle, décrivant sans y poser le nom, le système des subprimes. Le film est pourtant sorti en février 2008. Et à en croire ses conclusions, nous allons droit dans le mur… avec les risques que l’on imagine si les États craignaient que la réalité amène les populations à une prise de conscience. L’arrivée d’un système alternatif est inévitable, la seule incertitude est de savoir s’il passera par une révolution idéologique des institutions politiques, ou par un changement plus brutal venu du peuple…
La solution ne peut être que l’unité. L’unité dans la compréhension que la gestion globale de la Terre est le seul système viable. Cette base est indiscutable, les débats porteront sur son application. En cela, la solution apportée par le mouvement Zeitgeist n’est qu’une possibilité. Bon visionnage, 2H oui, mais qui valent le coup ! A ne pas regarder sans un certain sens critique néanmoins, tout comme ce billet..
Article réalisé par Djezz









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