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Congo, Jamaïque : le lien d’une musique

10 April 2009 518 views 4 commentaires

La Jamaïque tire son essence d’une multitude d’ethnies. Héritage de l’époque coloniale, cette différence d’origines des peuples fait l’identité même de l’île. Comme sa devise l’énonce « Out of Many, one People », les Jamaïquains sont un peuple issu de plusieurs. Une philosophie de vie qui a inspiré en tout temps le Reggae et son message d’unité. Parmi cette diversité figure le Congo. Petit retour sur cette partie du monde qui aujourd’hui souffre des combats, mais dont les chants prônent la paix.

Racine Congo :

Comme beaucoup d’autres pays Africains, le Congo a subi la traite négrière qui alimenta en esclaves les Antilles. Un évènement qui d’une part apporta un héritage supplémentaire à la Jamaïque, mais qui aussi créa un lien singulier avec le Congo. L’utilisation par les rastas du terme Nyabinghi en est la preuve. Définissant à la fois les percutions du même nom et la cérémonie de prière à Jah, son origine étymologique vient du Congo des années 1920. Bien longtemps après la traite négrière, ce qui soutient l’existence d’un lien culturel persistant entre les deux pays.

On retrouve aussi cet héritage dans la base même du terme Natty Congo qui désigne un rasta portant des dreadlocks. Le terme a très largement inspiré le Reggae comme le prouve le titre de la chanson Roots, Natty Roots, Natty Congo de Johnny Clarke, mais aussi Dread Natty Congo de Sister Carol.

The Congos

Le groupe The Congos est aussi à citer dans les hommages aux « racines », notamment avec leur album Heart Of the Congos et la chanson Congoman. Des artistes incontournables du Reggae qui permettent de remettre en mémoire l’existence des Congos. Un terme longtemps utilisé par les européens pour désigner les esclaves natifs de la région d’Angola et de l’ancien Royaume du Congo.

2 : Le Congo au son de la Jamaïque, juste retour :

Lorsque l’on jette un œil sur la création musicale au Congo, force est de constater que l’échange est bien réel. Comme nous l’avons vu, le reggae est parti de la Jamaïque pour honorer, en partie, la mémoire des Congos et il se produit désormais du Congo pour perpétrer la spiritualité créée en Jamaïque. Un phénomène qui montre une fois de plus l’échange et l’unité prôné par cette musique.

C’est à Brazzaville que l’on trouve les ambassadeurs du Reggae congolais, Black Spirit Melody. Ils sortent en 1998 leur premier album « M’exprimer » avec la volonté clairement affichée de révéler un enseignement « Le reggae est une musique consciente et spirituelle, une musique équilibrée qui se médite […] il nous fallait juste faire sortir les couleurs rasta qui se cachent en tout un chacun ».

D’autres artistes comme Jos Marley perpétuent la contestation du système promulgué par le Reggae. Avec des titres tels que ya pipo, pauvreté et orphelin il s’attache à faire de sa profession l’échos du peuple « Ce que le bas peuple pense ou dit plus bas, doit être épousé par le reggæ man. »

Et si ces artistes arrivent à porter la voix de la contestation c’est grâce au respect du mode de vie rasta, qui se veut apolitique. Le Congo est en effet très peu friand des opposants. Ces artistes contestent toujours, adroitement, sans citer précisément de personnalités politiques. (Jahwise, auteur franco-congolais, s’était risqué à être plus précis dans ces attaques et échappa a une fusillade qui serait probablement commanditée par les autorités congolaises.)

Avec l’émergence du rastafarisme au Congo, des artistes et inconnus se sont fédérés. la CRC (Communauté des Rasta du Congo) créée en 1992 à Brazzaville en est un bel exemple. Elle se consacre à préserver la tradition rasta. L’un des principes de l’organisation consiste par exemple à faire la promotion de la musique acoustique. Nous terminerons d’ailleurs avec les paroles d’un de ses membres, Omombo du Rainbow positive band :

« Etre rasta c’est suivre un destin panafricain pour défendre l’Afrique afin qu’elle cesse d’être exploitée de manière néocolonialiste. Etre rasta, c’est se faire messager spirituel de la paix et de l’entraide sociale. Et notre moyen de véhiculer ces valeurs est notre musique : le reggae »,

Article réalisé par Djezz

4 commentaires »

  • kjoseph dit :

    je soutien fortement ce mouvement qui dont moi meme j’etais leadeur, mais je seria de retour tres bientot, tenze moi au courant de tout les evenements
    ras-kaya

  • k joseph dit :

    il y a eu ereur d’adess merci

  • k joseph dit :

    raskaya1@gmail.com

  • admin (author) dit :

    Ras-Kaya peux tu m’expliquer plus précisément qui tu es et ce que tu fais ? Merci ;) bless