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Histoire de l’esclavage codifié : Le code noir (partie 2)

28 March 2010 233 views Aucun commentaire

code-noir copieAlors que déjà des voix s’élèvent contre la pratique esclavagiste, le roi Louis XIV à l’initiative de son épouse Françoise d’Aubigné décide de publier un code entérinant les pratiques esclavagistes découlant du commerce triangulaire.

Edité sous le triste nom de « Code Noir » en 1685, le texte statua légalement une pratique déjà développée. Soixante articles légalisent et légitimisent l’esclavagisme négrier. La situation dans les colonies au XVIIème siècle devient un véritable enjeu économique. La traite s’intensifie, le nombre d’esclaves ne cesse d’augmenter, l’Etat Royal sent qu’il faut légaliser la situation.
Une légende veut que ce soit Colbert qui ai œuvré pour le Code Noir; or Colbert est mort en 1683, deux ans avant la publication du texte. C’est son fils le marquis de Seignelay qui signa le code. Bien au contraire Colbert avait contribué par la création de la « Compagnie Occidentale des Indes » à réduire le nombre d’esclaves. Privilégiant la culture du tabac qui demande que peu d’esclaves, il fait diminuer leur nombre dans les Antilles.
Le Code Noir est édicté après un durcissement de l’esclavage. En 1672 les Anglais créaint la Compagnie royale d’Afrique et les français la Compagnie du Sénégal en 1673.
esclavage copieLes Hollandais augmentèrent la capacité de transports transatlantique et firent baisser le coût de la traversée. Leur arrivée sur les côtes africaines fit augmenter le prix des esclaves. Mais en raison de la baisse du coût du transport, le prix de la main d’œuvre resta abordable pour les planteurs.
Le traitement inhumain perpétré sur les esclaves fit chuter le taux de fécondité et parallèlement fit augmenter le nombre de métis nés de relations avec les blancs, seul moyen d’avoir des enfants libres promis de fait à une existence supportable.
La recherche du profit, l’exploitation « industrielle » des esclaves conduisit les planteurs à accepter la faible espérance de vie de leurs esclaves. Ils compensèrent par l’achat de quantités toujours plus importantes de travailleurs.

Le texte du Code Noir fait de la notion “d’esclave” un fait, une réalité, sans pour autant en donner ni l’origine ni la légitimisation.
Le Code encourage à baptiser, instruire, éduquer et enterrer les esclaves dans la religion catholique. Il interdit la pratique du protestantisme. Ses rédacteurs pensaient que les esclaves étaient dotés d’une âme et donc qu’ils fussent capable de salut.
L’article 44 annonce que l’ « esclave est meuble » et par conséquent en fait des biens pouvant être acheté, vendu, donné, saisi tel un meuble. Cette disposition n’en fait pas des choses car ils possèdent encore une personnalité juridique qui leur confère la possibilité de témoigner, se marier ou encore se plaindre. Cependant leur personnalité juridique est celle d’une personne mineure et restreinte. Le témoignage de l’esclave est considéré comme peu fiable.
Etre esclave est héréditaire. C’est la mère qui transmet la personnalité juridique, par conséquent si un esclave fait un enfant à une femme libre, l’enfant sera libre. Les esclaves ne peuvent se marier sans le consentement de leurs maitres qui tiennent envers eux le rôle de parents.
Le maitre a une autorité quasi suprême sur son ou ses esclaves. Il est cependant obligé de le nourrir et de le vêtir.
L’affranchissement nécessite une publication et le paiement de taxes.

wiki-Cicatrices_de_flagellation_sur_un_esclave copie

Louis Sala-Molins, professeur émérite de philosophie à Paris I estime dans son livre d’analyse sur le Code Noir que c’est «  le texte juridique le plus monstrueux qu’aient produit les Temps Modernes ».

Si l’on en croit Saint Augustin alors l’homme vit dans le péché depuis qu’il vit en société, car l’esclavage est né quand l’humanité s’est organisée en Cités.
Toute l’histoire humaine, dans n’importe qu’elle société en développement, l’esclavage est une des bases de l’économie. Toutes les sociétés antiques furent construites sur l’esclavage, sans les esclaves elles s’effondraient.
Avec la christianisation du Vieux Monde nous aurions pu croire à sa fin, hélas elle n’a arrêté ni ralenti la traite de l’humain, malgré l’opposition du premier de ses ministres, le pape. Maintes fois il a dit et écrit que l’esclavage était une honte pour le chrétien, autant de fois le commerce et la politique prirent le dessus sur le spirituel.
Le Code Noir de 1685 est le triste aboutissement de cette injustice millénaire. En légalisant l’esclavage l’Etat Royal a mis aux pieds de la France du XXIème siècle un boulet difficile à trainer.
Selon l’UNESCO encore aujourd’hui 250 000 000 de personnes seraient esclaves notamment en Afrique. Souvent des enfants qui travaillent pour de grandes multinationales comme Firestone.
Sic transit gloria mundi…

Lire la première de l’article Histoire de l’esclavage codifié : La genèse (partie 1)

Articlé réalisé par Mahmoud de Lombers, historien

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