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Amérique du sud : Le peuple Mapuche en résistance contre l’Etat et les multinationales

30 September 2009 459 views Un commentaire

Interpellation d'une manifestante pro MapucheQuelle est la différence entre l’exploitation des richesses africaines et d’Amérique du sud ? C’est très simple, pour les premiers les multinationales et les politiciens essayent d’être discrets, de faire croire que tout le monde est gagnant dans les ventes et lors de l’exploitation. En cas de problème on utilise plus volontiers des armées privées tout en ménageant la population locale. Pour les seconds, on se passe de l’embarras de l’opinion publique, la situation est proche des premières ères coloniales : la violence, le soutient des autorités, bref un pillage en bonne et due forme…

Le peuple Mapuche sont les natifs chiliens qui possèdent les terres de leurs ancêtres. Possèdent ? En théorie, dans les faits le système économique occidentale a bouleversé ces principes. Le titre de propriété s’est substitué à l’héritage familial. Une évolution amenée par la contre-réforme agraire de Pinochet.
Le Chili et d’autres pays regroupant des communautés Mapuche, comme l’Argentine, ne comptent plus les confiscations de biens, les intimidations, les enlèvements, les assassinats, les arrestations… (voir la vidéo en bas de l’article sur l’expulsion manu militari d’une communauté Mapuche) Pourtant en 2009 Nicolas Sarkozy arrivait encore à qualifier le Chili de pays appliquant les droits de l’homme.
La contestation est très difficile pour les communautés locales. Les lois héritées de l’ancien régime militaire permettent  l’alliance entre l’État et les multinationales d’exercer une totale répression par le recours à l’armée. Et lorsqu’un tribunal rend une décision de justice en faveur des Mapuche, se sont  des milices privées qui se chargent des expulsions. Ces décisions restent rares puisqu’en général l’appareil juridique aide à l’incarcération des natifs sous le seul motif de présomption  de menace terroriste.

Paysage "naturel" de la région du Bio-Bio

Mais les accusations contre les multinationales sont-elles fondées ? Benetton semble le confirmer. La célèbre enseigne du textile qui a longtemps fait parler d’elle par ses publicités « United Color of Benetton » est dans ses actes beaucoup moins… humaniste ! 1991 : en Argentine la firme a profité de ventes bradées pour acquérir 900.000 hectares (l’équivalant de l’Alsace) pour seulement 37 millions de dollars. Cette dévaluation des terres non profitable à un État soucieux de son développement laisse imaginer les transactions occultes entre ce dernier et les multinationales. Des accusations toujours difficiles à prouver et qui resteront encore longtemps au conditionnelles. Les Mapuche présents sur place ont alors été expulsés amenant Beneton à se racheter une image locale en offrant 7000 hectares à la communauté ainsi qu’une aide financière à certaines villes. Mais les Mapuche ne veulent pas d’un système de propriété, pour eux la terre est un bien commun et ne serait être une question d’argent ou de titre. On pourrait donc croire que la firme est dans une situation de différent idéologique du a une acquisition passée, seulement aujourd’hui encore, elle continue d’annexer des terres. Un représentant de Benetton déclarait en 2002 lors d’un procès contre une famille Mapuche “Le gouvernement national et local, va devoir régler le problème de logement de la communauté Mapuche.” et d’ajouter, “Comme entreprise, ce que l’on fournit, c’est du travail.”

Construction du barrage Ralco dans la région du Bio-Bio

On citera aussi Endesa et son barrage Ralco dans le haut Bio-Bio. La patagonie chilienne est une région magnifique mais menacée par la politique des “méga-barrages”. Pourtant des observateurs affirment qu’au vue des nombreux fleuves présents dans le pays, une exploitation par petits barrages multiples permettrait un même rendement. Mais la réalisation aurait été plus longue et plus coûteuse, mais néanmoins nécessaire à l’écosystème et à l’économie locale. Car ces méga-barrages menacent aussi le secteur touristique qui lui fait vivre plus directement les populations locales. Victor Ancalaf, militant des droits Mapuche, déclare dans une interview à bellaciao.org que ces actions “menacent aussi bien notre territoire que nos ressources naturelles. Un groupe comme Antarchile d’Anacleto Angelini qui est devenu la plus grande entreprise forestière d’Amérique du Sud détruit notre environnement.” Et lorsqu’on lui demande si l’on assiste à une évolution depuis l’arrivée au pouvoir en 2006 de la socialiste Michelle Bachelet , sa réponse est sans appel “Du temps de Pinochet, les multinationales touchaient jusqu’à 75% de subventions pour s’installer, aujourd’hui elles bénéficient de l’aide de l’Etat ou d’exonérations. De plus, la nouvelle Loi anti-terroriste de 2000, appliquée exclusivement contre les luttes sociales et territoriales, permet de criminaliser nos actions, notamment celles pour récupérer nos terres.”

Malgré l’existence de conventions qui déclarent insaisissables des biens ancestraux, dont la loi chilienne de 1993, les seuls à détenir des preuves juridiques liées à la terre sont l’État et les multinationales. Le premier vend à bas pris des terres dont il ne se préoccupe pas des résidants, les seconds font valoir les titres de propriété pour expulser les populations. Pour résumer, les communautés locales sont totalement évincées des transactions. Au vue des lois nationales et internationales et des exactions constatées, la revendication du peuple Mapuche se résume simplement… à faire valoir ses droits.

Nous avons rencontré deux rappeurs mobilisés en faveur du Peuple Mapuche, voici leurs interviews respectives : Ortega Dogo et Pizko Mc

Article réalisé par Djezz

Un commentaire »

  • aikaze dit :

    Bonjours et félicitation pour votre article.

    Sinon que dire a par que c’est scandaleux, dire que cela ce fait “légalement” sa me dégoute j’ai envie de vomir quand je lis des chose comme sa.

    Merci pour votre partage d’infos cordialement aikaze.